Cameroun : Le SIARC 2026 s’impose comme la vitrine de l’artisanat africain d'innovation

YAOUNDÉ — Les esplanades du Musée national de Yaoundé vibrent, du 27 juillet au 5 août 2026, au rythme de la 9ᵉ édition du Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC).

Francky Onana

8/16/20262 min read

Rassemblant plus de 600 créateurs venus du Cameroun et de divers pays du continent, ce rendez-vous majeur ambitionne de transformer un secteur perçu autrefois comme informel en un véritable levier d’innovation, d’emploi et de croissance économique.

Pendant dix jours, l’événement met en lumière la richesse et la diversité des métiers de la main : de la sculpture sur bois au textile, en passant par la maroquinerie, la bijouterie, le style et l’agroalimentaire. L'objectif affiché par les organisateurs dépasse la simple célébration des savoir-faire traditionnels ; il s'agit de propulser les créateurs africains vers des standards industriels et commerciaux internationaux.

Un poids lourd de l'économie informelle en pleine mutation

Au Cameroun, le secteur artisanal occupe une place prépondérante, mobilisant à lui seul près de 60 % de la population active. Conscientes de ce potentiel, les autorités camerounaises ont placé cette édition sous le haut patronage du chef de l'État, Paul Biya, dans la perspective d'en faire un pilier de la diversification économique nationale.

Lors de l'inauguration, le Premier ministre camerounais, Joseph Dion Ngute, a rappelé la volonté gouvernementale de dépasser le stade de l'artisanat de subsistance. Selon lui, le secteur doit désormais s'affirmer comme un espace de création rentable, capable de générer de la valeur ajoutée tout en transmettant l'héritage culturel aux nouvelles générations.

Pour accélérer cette mutation, le SIARC met l'accent sur la professionnalisation à travers plusieurs axes : la formation technique, la certification des produits, la normalisation ainsi que l'intégration du numérique dans les processus de production et de distribution.

Conjuguer l'ancrage traditionnel et la modernité

La dimension panafricaine du salon a également été saluée par les délégations étrangères. Invité d'honneur de cette manifestation, le ministre ivoirien du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Konaté Kalil, a souligné l'impact global de ce secteur à l'échelle du continent, où il génère entre 20 % et 35 % du produit intérieur brut (PIB) dans plusieurs nations. Pour le ministre ivoirien, l’enjeu réside dans un équilibre subtil : préserver l'authenticité et l'âme des œuvres ancestrales tout en tirant profit des technologies modernes pour conquérir de nouveaux marchés.

Plus de 35 000 visiteurs attendus

Avec un passage estimé à plus de 35 000 visiteurs, cette 9ᵉ édition entend favoriser les rencontres directes entre artisans, investisseurs, acheteurs institutionnels et partenaires au développement. En structurant les chaînes de valeur et en ouvrant de nouveaux canaux d'exportation, le SIARC entend prouver que le patrimoine créatif africain peut devenir un moteur de développement résilient et compétitif.